Le Laos, le pays du « million d’éléphants »

Le Laos, le pays du « million d’éléphants »

Connu comme Lane Xang, ou « Le pays du million d’éléphants », le Laos avait par le passé une vaste population de ce pachyderme d’Asie, à la fois domestiquée et sauvage. Aujourd’hui, la population sauvage est estimée à environ 400 individus et d’à peine plus pour la population domestiquée. Icône vivante du pays, possesseur d’une symbolique importante en rapport avec le bouddhisme, la religion des Laotiens, l’éléphant est à la fois cher à leur cœur et sur le point de disparaître, en tout cas si rien n’est fait rapidement.

Certes, lors de la fondation du royaume par l’unificateur roi Fa Ngum en 1353, le chiffre d’un « million » avait pour but de marquer les esprits et ne reflétait aucune réalité. Il s’agissait avant tout de symboliser la puissance de l’armée et donc du pays. Mais aujourd’hui, la faiblesse des effectifs fait craindre pour la capacité de renouvellement des populations et la qualité génétique de l’espèce.

Outre les centres touristiques, les éléphants domestiques du Laos sont encore très majoritairement employés dans les durs travaux de débardage, principalement ceux liés à la déforestation, causant ainsi ironiquement la disparition de leur propre habitat naturel. Leur poids économique n’est pas négligeable non plus dans ce petit pays de moins de 7 millions d’habitants. Une communauté d’environ 9000 personnes vit directement de leur exploitation. 

Grâce à l’ECC, un programme de réintroduction en milieu naturel

Les éléments sauvages étaient traditionnellement capturés et dressés mais aujourd’hui cela est interdit, ce qui augmente la charge de travail qui pèse sur les animaux domestiqués et employés dans l’industrie forestière. Ceux-ci sont donc soumis à un stress important dont pâtit également leur capacité de reproduction.

Sur le plan de l’action responsable, l’Elephant Conservation Center de Sayabouly, dans le Nord-Ouest du pays, est la référence et sans aucun doute un modèle du genre au niveau international pour la protection du pachyderme d’Asie. Le centre vise à faire croître les populations en les réintroduisant dans leur environnement sauvage autant que possible, tout en leur procurant de meilleures conditions de vie, avec suivi médical, étude du comportement et programme de reproduction.

Le centre dispose d’une vaste superficie de jungle pour la réintroduction de ces animaux, dont l’habitat naturel et la vie nomade entrent de plus en plus souvent en conflit avec le développement de l’activité humaine dans le pays. L’ECC travaille donc en permanence avec les populations locales afin de trouver des solutions satisfaisantes pour chacun.

En 2018, le gouvernement lao a transféré à l’ECC, 13 nouveaux éléphants initialement destinés à la vente illégale à l’étranger, donnant en compensation de nombreux hectares de forêt au profit de l’activité du centre. Cette grande superficie protégée ne bénéficie pas qu’aux éléphants mais à l’ensemble de la vie sauvage, trouvant ici un refuge naturel. 


Interdiction aux cornacs d’utiliser leur pic

Le tourisme contribue évidemment pour une part majeure aux besoins du centre. A Laos Autrement, nous proposons la visite de 2 jours minimum de ce site hors pair, au départ et au retour de Luang Prabang, avec hébergement en bungalow. Bien que le tourisme puisse avoir un impact négatif sur l’environnement et quelquefois les valeurs des populations locales, ce n’est absolument pas le cas de l’ECC qui évite soigneusement le tourisme de masse.

L’ECC est sans conteste la référence dans le domaine.
 Mais à travers ce pays à la nature fabuleuse, d’autres centres visent à différents niveaux à respecter les critères d’un tourisme responsable, comme d’organiser des promenades à côté et non sur l’éléphant, ou encore d’interdire aux mahouts (cornacs en laotien) d’utiliser leur pic.
Ces centres essayent ainsi d’octroyer une retraite dorée à des animaux malheureusement usés par les difficiles travaux de tractage des troncs et qui, ainsi, ne s’épuiseront pas à des tâches douloureuses jusqu’à la fin de leur vie.

Elephant Conservation Center de Sayabouly : le bain des éléphants
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